Tableau d’une Corée du Sud en 1997

Corée, tempête au pays du Matin-Calme. Ce titre, c’est celui de l’ouvrage de Jean Piel publié en 1998 aux éditions Philippe Pacquier. Une vitrine sur la Corée du Sud des années 1997. Cette société, à cheval entre des traditions et des valeurs fortes et une modernité grandissante.

La Corée ? « Un pays né pour mourir » titrait un journal occidental en 1959. La phrase est forte, la phrase est pleine de sens, voilà comment commence la quatrième de couverture. Mais pourquoi d’après certains, la Corée du Sud était un pays voué à l’échec ? Education, urbanisation, démocratisation, politique, ouverture sur le monde, autant de thèmes que de problèmes pour la Corée de 1997.

La Corée du Sud en 1997 ? Le temple de la consommation. Télévisions dernier cri, lave-linge flambant neuf, voiture neuve, il faut montrer qu’on a de l’argent, qu’on a les moyens. Les temps ont changé, les revenus ne sont plus les mêmes et ils peuvent s’octroyer des plaisirs que leurs parents ne pouvaient se permettre encore quelques années avant. Les baekjawon (grands magasins), fleurissent comme des petits champignons. Être un citoyen coréen en 1997, c’est affirmer sa richesse. Les Coréens n’investissent pas que pour eux, ils étendent un peu plus chaque jour leurs villages jusqu’à ce qu’ils deviennent de véritables villes. Béton, grues, chantiers, sont devenus le nouveau paysage de Corée. Une vie de campagne placée sous le signe de l’agriculture, des champs et animaux, remplacée par une vie urbaine, où les paysages sont métalliques, industriels.

© Pixabay – Whoop005

Les Coréens ont changé en très peu de temps et ce, jusqu’au bout des ongles, notamment les jeunes. Être un jeune coréen en 1997 c’est se parer de ses vêtements les plus originaux, c’est montrer son style et oser s’affirmer devant les autres. Ils sortent le soir, vont dans les mythiques nollaebang (karaoké), boivent du soju et profitent au maximum de ce que la nuit a à leur offrir. « Parc d’attractions, stations de ski ou boîtes de nuit…au-delà de la façon d’occuper son temps libre, le plus important est que la notion même de loisir soit reconnue dans la Péninsule« . (p 67)

 

Quand soudain…

Être un citoyen coréen en 1997, c’est être plongé dans la crise qui a sévit la Corée en décembre 1997. « Cette crise a été d’autant plus durement ressentie que personne ne s’y attendait six mois auparavant« (p 107). Foudroyante, accablante, épuisante. « La fin de l’emploi à vie, la multiplication des mises à la retraite anticipée, la concurrence accrue entre les cadres dans les entreprises inquiètent » (p 107). Des soucis que les Coréens n’avaient pas encore quelques mois avant. La crise les frappe de plein fouet et les contraint à changer d’habitudes radicalement. Un sentiment d’incompréhension et d’impuissance résonne dans la tête de tous ces citoyens. Ils ne comprennent pas comment ils ont pu en arriver là, eux, qui ont fait tant d’effort pour que la Corée du Sud se développe. Les heures à n’en plus compter, les plans sur la comète, les constructions plus nombreuses.

 

 

KOREA OF TODAY.
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